Livres Critique

Soeurs volées. Enquête sur un féminicide au Canada

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"Ainsi elles disparaissent ; ainsi, elles meurent. Les filles et femmes autochtones sont des funambules qui avancent sans filet. La violence familiale, la violence dans les communautés, la violence de la rue, la violence sexuelle, la violence raciste, toutes les violences sont susceptibles de s'abattre sur elles et de les faire tomber."

Emmanuelle Walter nous transporte ici dans l'angle mort d'une démocratie : le féminicide perpétré au Canada contre les femmes amérindiennes depuis 1980. Le constat y  est accablant : une Amérindienne a   une espérance de vie de 5 à 10 fois plus courte que celle d'une Canadienne à la peau blanche. Ses revenus sont de 30 % inférieurs. Elle a 3 fois plus de "chances" d'être victime de violences conjugales. Elle est 4 fois plus susceptible d'être enceinte entre15 et 19 ans...

Elles meurent surtout parce qu'elles vivent dans des quartiers dont la violence " a   pour racines la violence raciale exercée contre les Premières Nations du canada depuis le XVI ème siècle". Peut-on échapper à l'Histoire quand l'éducation n'a pas - ou peu - droit au chapitre ?  Admirablement rédigé, ce texte fort dérangeant se lit d'une traite. Il passionnera tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin au Nouveau Monde.

 

Présentation de l'éditeur :

 

« La vulnérabilité appelle la vulnérabilité. La mort est en embuscade. L’aide sociale inadéquate et l’apathie médiatique renforcent cette hyperfragilité. Les femmes autochtones sont surreprésentées dans cette cohorte livide et silencieuse. Fétus de paille, brindilles, flocons de neige, éphémères, invisibles. »

Depuis 1980, près de 1 200 Amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans une indifférence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel et scandaleux équivaut à 55 000 femmes françaises ou 7 000 Québécoises.

Dans ce récit bouleversant écrit au terme d’une longue enquête, Emmanuelle Walter donne chair aux statistiques et raconte l’histoire de deux adolescentes, Maisy Odjick et Shannon Alexander. Originaires de l’ouest du Québec, elles sont portées disparues depuis septembre 2008. De témoignages en portraits, de coupures de presse en documents officiels, la journaliste découvre effarée ces vies fauchées. Sœurs volées apporte la preuve que le Canada est bel et bien le théâtre d’un féminicide.

Avec des textes de Widia Larivière, Laurie Odjick, Connie Greyeyes et Helen Knott.

 

L'auteure : Emmanuelle Walter est journaliste indépendante. Elle a travaillé pour Libération, Arrêt sur images, Le Nouvel Observateur, ARTE Radio et Terra eco. Elle vit à Montréal depuis plusieurs années.

 

Sœurs volées.

Enquête sur un féminicide au Canada

par Emmanuelle Walter

 

Lux éditeur

Novembre 2014

ISBN 978-2-89596-179-6 ; 224 pages ; 18 €uros.

 

 



03/12/2014
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