Livres Critique

Passager de la fin du jour

  

 

    Ce livre raconte le périple en bus de Pedro qui, alors qu'il se rend hors de la ville dans les banlieues sensibles pour y retrouver sa petite amie, livre un portrait émouvant de son pays.   Ecrivain inspiré et sensible, Rubens Figueiredo nous livre un étourdissant voyage au coeur du Brésil. Ce roman nous offre des pages  caressantes, exotiques, pleines d'allant et de poésie. Une découverte...

 

Extraits :  -"Le médecin avait reçu Rosane, après deux heures d’attente sur un banc. À côté d’elle patientait également une grosse femme d’une soixantaine d’années, l’air gêné, qui étouffait sa toux dans un mouchoir roulé en boule dans sa main. Sous le banc, un chat, allongé sur ses pattes recroquevillées, se léchait avec nonchalance. Blanc, le museau sombre, le chat relevait la tête de temps en temps et ses yeux verts zébrés de noir regardaient Rosane à travers les lattes de bois.

    Le soleil tombait en oblique sur le feuillage d’un manguier, quelques mètres plus loin, à côté de voitures garées là et d’une ambulance à laquelle manquait une des roues avant, l’essieu posé sur un tréteau. Un arbre jeune qui portait néanmoins des mangues, petites encore mais déjà bien formées à l’extrémité des pédoncules verts. Rosane sentait, devinait que ces pédoncules étaient gorgés de sève, de résine. À travers cette masse de feuilles, presque comprimées les unes contre les autres, on avait la plus grande peine à apercevoir les branches noires du manguier. Certaines feuilles avaient des taches sombres, qu’on pouvait observer en revanche (...)"

- "Un jour ou l'autre, ils vont tous nous trucider, avait soudain ajouté le juge en soufflant entre ses lèvres fines et grises. Ils nous poursuivront chez nous, dans la rue, avec des pistolets et des bâtons. Nous n'aurons nulle part où nous cacher, nulle part où nous enfuir. Ni en ville, ni à la campagne, ni même sous terre. Personne ne viendra à notre secours. A ce stade, les aéroports seront fermés pour nous, aucun autre pays ne voudra plus nous accueillir. Nous serons deux ou trois millions de personnes. Le reste, la lie, une vague d'immigration des plus indésirable, les déclencheurs de la catastrophe. Ils voudront tous nous liquider le plus vite possible, histoire de passer à autre chose sans plus attendre." (...)

 

Présentation de l'éditeur :

 

"Pedro tient une petite librairie de quartier dans le centre-ville d’une

métropole brésilienne. Comme chaque week-end depuis six mois, pour

retrouver Rosane, sa fiancée, il se rend en bus au quartier du Tirol, une

banlieue délabrée à 40 kilomètres de la ville.

Le temps d’un voyage, alors que des rumeurs d’émeute attisent

les tensions et font dévier le bus de son trajet initial, Pedro, dont

les pensées vagabondent, nous livre un portrait sensible d’un

Brésil méconnu.

Grâce à Rosane, il découvre un monde caché, une vie d’expédients, une

violence sociale. Nous déchiffrons avec lui les tatouages des passagers,

explorons leurs infirmités. Et nous tissons le fil de son histoire :

l’accident qui lui a permis d’ouvrir sa librairie ; la rencontre avec Rosane

et son quartier, tombé dans la misère alors même que le Brésil

prospère ; l’émeute au cours de laquelle il s’est fait broyer la cheville.

Trouvé lors de l’émeute, un livre bon marché sur le passage de Darwin

dans son pays, qu’il lit par intermittence : la brutalité du monde animal

et celle du monde humain se répondent.

Quand Pedro commence le récit de Darwin, alors que les passagers du

bus sont encore hébétés par leur semaine de labeur, le savant observe

une guêpe qui tue sans pitié une pauvre araignée. À la fin du récit, alors

que la révolte gronde au dehors, l’araignée prend sa revanche et

emprisonne la guêpe au centre de sa toile. Peut-être une forme

d’avertissement. Les marges peuvent prendre leur revanche sur le

centre, les banlieues sur la cité : l’injustice n’est pas une fatalité."

 

 

L'auteur :

Né en 1956 à Rio, Rubens Figueiredo a été deux fois lauréat du prix Jabuti,

l’équivalent brésilien du Goncourt, et a remporté en 2011 le

prix de la ville de São Paulo ainsi que le prix Portugal Telecom.

 

 

Passager de la fin du jour

de Rubens Figueiredo

Traduit du portugais (Brésil) par

Dominique Nédellec

Books éditions / Books Editions

 

ISBN : 978-2-36608-027-8. Format : 13 x 20 cm. 248 pages. 20 €. Date de sortie: 23 avril 2013

 



11/04/2013
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