Livres Critique

Le livre de l'eau

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C'est le genre de livre que l'on referme satisfait  en se disant : voilà, enfin, de la Littérature ! Ces souvenirs au fil de l'eau n'évoquent pas seulement des  fleuves, des fontaines, des bains et des nymphettes.Edouard Limonov, "ce chien enragé" ( ainsi qu'il se désigne lui-même dans Journal d'un raté ),   y révèle des talents redoutables ("Je me suis prédit mon existence", p. 185 ) tout en nous transportant au bout du monde : Californie, Transnistrie, Kouban, Paris, Vienne, Tadjikistan, Londres, Rome, New-York, Sibérie, etc. Un poète lettré, amoureux de Baudelaire et de Rimbaud. Un auteur complexe et attachant, à la fois vulnérable ("Je ne suis qu'un petit gars qui a quelques lettres, un poète, un jeune qui a besoin d'élargir son horizon, de rencontrer de belles princesses, des monstres, des moulins à vent ou des pales d'acier qui lui couperaient les mains", p. 35), un tantinet phallocrate et mégalo ( "Sois orgueilleux, donne libre cours à la folie des grandeurs", p. 211 ), flambeur ("J'ai toujours voulu vivre dans la bigarrure, l'éclat et le risque", p. 116 ) et déjanté ( "Tel un centaure, je suis mi-révolutionnaire mi-guerrier", p.255). L'addition est concluante : on se retrouve  secoué par ce baroudeur  ayant "bataillé sur toutes les barricades de la vie".  La liberté dans la chair et avide de pureté,  Limonov nous offre un étourdissant voyage qui révolutionne notre regard sur le monde  ( " Le Mur est mort, vive le Mur !" , aurait-il dit, par ailleurs ). A l'évidence, ce "prophète de la liberté" ( Z. Prilepine), sorte d'hybride de Byron/Malraux/Miller, a un formidable talent d'écrivain !

 

Présentation de l'éditeur :

 

"Cette autobiographie est considérée par beaucoup comme un des meilleurs livres d'Edward Limonov, à commencer par Emmanuel Carrère. À partir de souvenirs géographiques organisés autour du thème de l'eau, Limonov raconte en détail ses rencontres, ses aventures, ses engagements à travers la Russie, l'Ukraine, l'Europe, l'Amérique. Chaque partie est organisée selon un thème : les mers (Océan Atlantique, Pacifique, Méditerranée, Mer Noire…), les fleuves (Don, Volga, Danube, Tibre, Seine, Hudson…), les lacs, lagunes, étangs, (Gueorguievsk, Transnistrie…), les fontaines (Rome, jardin du Luxembourg), les saunas et bains publics. Le livre s'achève sur une tempête à Moscou. La chronologie est brouillée : Limonov circule librement dans les méandres de ses souvenirs. Il s'y livre comme dans aucune autre œuvre – sans doute parce que ce livre a été écrit en prison au début des années 2000. On comprend mieux le sens de ses engagements et l'orientation qu'il a voulu donner à sa vie en empruntant des chemins héroïques. À sa manière, rebelle et fougueuse, Limonov est un Russe citoyen du monde  qui a connu deux grandes passions : la guerre et les femmes. Ce livre complète le portrait qu'en a fait Emmanuel Carrère, en présentant le regard de l'auteur sur lui-même. Une grande leçon de vie."

 

L'auteur : Edouard Limonov, né en 1943, est une personnalité littéraire et politique franco-russe dont la vie  «  symbolise bien les rebondissements de la seconde partie du xxe siècle » ( Emmanuel Carrère ). Après avoir quitté l'Union Soviétique comme dissident, il s'installe à New York puis à Paris où il exerce le métier de journaliste ( L'Idiot International ). Activiste, il crée le Parti National-Bolchévik et  s'engage dans plusieurs conflits extérieurs ( Serbie, Transnistrie, etc. ). Auteur prolifique, il a écrit plus d'une cinquantaine d'ouvrages dont Le Journal d'un raté ou Le poète russe préfère les nègres.

 

 

Le livre de l'eau

par Edouard Limonov

Traduit du russe par Michel Secinski

Editions Bartillat

Isbn: 9782841005703 , 290 pages. Juillet 2014. 20 €

 



09/10/2014
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