Livres Critique

Hérétiques

 

 

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          On demanda un jour à l'écrivain cubain Leonardo Padura pourquoi il ne quittait jamais la Havane : "J'aime bien discuter avec les gens," expliqua-t-il, " La Havane est une ville où l'on peut toujours tenir une conversation avec un étranger à un arrêt de bus". Vous retrouverez  cette ambiance dans cette dernière aventure de Mario Conde, le policier atypique qui se sent  solidaire des  fous, des ivrognes et  des écrivains. Partant de l'odyssée dramatique du paquebot allemand Saint-Louis - ayant quitté Hambourg en 1939 avec  900 réfugiés juifs à bord -, ce roman nous transporte opportunément d'un siècle à l'autre, d'un continent à l'autre.   Comme l'explique dans   El Païs, "le mérite principal de ce roman est de mettre à jour ce qu'il y eut de pire dans la persécution et les massacres de juifs au XVIIème siècle (...) Padura réussit ici la synthèse parfaite du roman historique, social et policier ". On se sépare à regret de ce livre saisissant.  

 


Présentation de l'éditeur :

 

   "Lancé sur la piste d’un mystérieux tableau de Rembrandt, disparu dans le port de La Havane en 1939 et retrouvé comme par magie des décennies plus tard dans une vente aux enchères à Londres, Mario Conde, ex-policier reconverti dans le commerce de livres anciens, nous entraîne dans une enquête trépidante qui tutoie souvent la grande histoire. On y fréquente les juifs de la capitale cubaine, dans les années prérévolutionnaires, tiraillés entre le respect des traditions et les charmes d’un mode de vie plus tropical ; des adolescents tourmentés d’aujourd’hui, dont les piercings et scarifications semblent crier au vu et au su de tous leur rejet de l’Homme Nouveau et des carcans faussement révolutionnaires ; mais aussi les copains du Conde, chaleureux et bienveillants, toujours prêts à trinquer à la moindre occasion avec une bonne bouteille de rhum. On y fait même un détour par Amsterdam, en plein xviie siècle, à l’heure des excommunications religieuses et des audaces picturales, en compagnie d’un jeune juif qui décide d’apprendre l’art de la peinture, contre toutes les lois de sa religion. Dans ce livre puissant et profond, Leonardo Padura rend un vibrant hommage au libre arbitre et à tous les “hérétiques” qui osent s’opposer aux dictats de leur temps ou de leur communauté. Et qui mieux que Mario Conde, plus vivant que jamais sous ses airs désabusés, pouvait nous guider parmi ces amoureux de la liberté ?"

 

L'auteur : Leonardo Padura est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et auteur de scénarios pour le cinéma. Il a obtenu le Prix Café Gijón en 1997, le Prix Hammett en 1998 et 1999 ainsi que le Prix des Amériques Insulaires en 2002. Il est l’auteur, entre autres, d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisonsqui est publiée à Cuba, au Mexique, en Espagne, Allemagne, Italie, Portugal, Brésil, Royaume-Uni, Etats-Unis, Pays-Bas, Corée, et Danemark. Leonardo Padura a reçu le Prix Raymond Chandler 2009 pour l’ensemble de son œuvre. 

 

Hérétiques

par Eduardo Padura

Editions Métailié

Traduit de l'espagnol (Cuba) par : Elena Zayas

 

28/08/2014 ;   608 pages .ISBN : 978-2-86424-961-0 ; 23 €

 



12/10/2014
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