Livres Critique

Beckomberga. Ode à ma famille.

 

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  Beckomberga, "c'est la naissance hors des ténèbres de l'Etat providence. Un château construit dans les bas-fonds du monde, et qui en définitive est une prison, un palais pour les démolis et les irrécupérables où ils pourront s'ébattre dans une lumière stagnante et sale, seuls, bouclés, oubliés de tous. Une salle d'hôpital propre et illuminée qui émerge de la terre tel un foetus de ses membranes sanguinolentes, un bâtiment hospitalier majestueux aux allures de château là où avant il n'y avait que la forêt, les oiseaux, les arbres, le ciel, l'eau." (p.130)  Jim, le père "borderline" de Jackie, fut interné de longues années dans cet immense hôpital psychiatrique   où sa fille lui rendait visite. Se remémorant cette période, elle   témoigne de sa vie  hors du  temps à l'hôpital parmi des individus  autant submergés par la détresse que porteurs d'une grande dimension.   C'est dans un univers fascinant que nous plonge ce roman : aucun lecteur normalement constitué ne devrait résister à cet hommage  d'une  femme à son père disparu. Un très beau livre, en tous cas.
 

 

 

 

 

Présentation de l'éditeur :

 

"En 1995, Beckomberga ferme ses portes. Ouvert en 1932 dans la campagne près de Stockholm, il devait être «une nouvelle sorte d’hôpital psychiatrique, un nouveau monde où personne ne serait laissé pour compte, où l’ordre et le souci de l’autre seraient de mise», où les fous allaient «enfin être libérés et sortir dans la lumière».
Beckomberga a marqué l’adolescence de Jackie, l’héroïne de ce roman : c’est là qu’elle a rendu de nombreuses visites à son père, Jim, au «château des Toqués». En dépit de son amour pour Lone, la mère de Jackie, en dépit de l’existence même de Jackie, cet homme n’a cessé d’affirmer son mal de vivre.
Beckomberga : Ode à ma famille est le roman d’un amour passionné, celui d’une jeune femme pour son père, personnage chancelant mais charismatique, et celui qu’elle éprouvera pour son propre fils, Marion, dont l’apparition constituera un rempart contre la folie familiale.
Sara Stridsberg retrace deux odyssées palpitantes : celle du rêve qu’a incarné Beckomberga et celle d’une famille, somme toute ordinaire, qui s’aime, se déchire, se retrouve.
L’auteure, qui va et vient dans le temps, bâtit une narration magnétique, faite d’éclats de voix : celle de Jackie, de ses souvenirs, de ses rencontres, mais aussi de documents d’archives. Avec une tendresse infinie pour ses personnages, Sara Stridsberg livre ici un grand roman sur la folie, dans une langue sublime."

 

 

 

 

L'auteure :  Née en 1972 à Solna, Sara Stridsberg est un écrivain et traducteur suédois.

Son premier roman  Happy Sally, retrace l'exploit de Sally Bauer, première scandinave à avoir traversé la Manche à la nage. Lauréate du grand prix de littérature du conseil nordique en 2007 pour son deuxième roman Drömfakulteten, elle vient d'être nommée membre de l'Académie suédois.

 

 

 

 

Beckomberga. Ode à ma famille.

Par Sara Stridsberg

Traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud

Du monde entier - GALLIMARD - Site Gallimard

www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Du-monde-entier

ISBN : 9782070148240 - 384 pages - août 2016 - 21 €

 



23/09/2016
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